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AF Studio

Design, image et communication visuelle des entreprises

Logo, identité, charte, trois commandes différentes

· Marque · 3 minutes de lecture

Trois mots circulent dans les devis comme s’ils étaient interchangeables. Ils désignent des objets de taille très différente, et les confondre est la source la plus courante de déception à la livraison.

Le logo est un signe

Un dessin, un mot dessiné, ou les deux. Il doit tenir dans le petit carré d’un onglet de navigateur comme sur le flanc d’un camion. Commander un logo seul, c’est obtenir ce signe et quelques déclinaisons. Rien ne dit encore quelle police l’accompagne, quelles couleurs l’entourent, comment il se pose sur une photo.

L’identité est un système

L’identité visuelle, c’est le logo plus tout ce qui le rend reconnaissable même quand il n’est pas là : une palette, une ou deux familles de caractères, une manière de cadrer les photos, des formes qui reviennent, parfois des pictogrammes. On reconnaît certaines entreprises à leur camion garé au loin, bien avant de pouvoir lire le nom : une couleur, une bande, une typographie ont fait le travail.

La charte est un mode d’emploi

La charte graphique écrit les règles du système : zone de protection autour du logo, taille minimale, versions autorisées (couleur, noir, blanc sur fond sombre), références de couleur pour l’écran et pour l’impression, hiérarchie des titres, exemples d’usage et contre-exemples.

Elle sert à ceux qui ne sont pas designers. La personne qui monte le diaporama commercial. L’imprimeur. L’agence web qui arrivera dans deux ans. Une identité livrée sans charte se dégrade vite : chacun recolore, étire, recadre à sa façon.

Ce que le dossier final doit contenir

À la livraison d’une identité, vérifiez la présence de :

  • le logo en vectoriel (SVG et PDF), qui s’agrandit sans perte ;
  • le logo en PNG sur fond transparent, en plusieurs tailles, pour les usages courants ;
  • les versions couleur, monochrome et inversée ;
  • les références de couleur en CMJN pour l’impression, en RVB et en hexadécimal pour l’écran, en Pantone si vous imprimez en tons directs ;
  • le nom des polices et leurs conditions de licence ;
  • la charte en PDF.

Si le devis ne mentionne pas ces livrables, faites-les ajouter avant de signer. Les réclamer trois ans plus tard, quand le prestataire a changé de numéro, est une autre histoire.

Le prix se lit en jours

Un devis d’identité se comprend en jours de travail. En 2026, les baromètres publiés par les plateformes de freelances situent le tarif journalier moyen d’un graphiste autour de 400 €, avec de grands écarts entre un débutant et un directeur artistique confirmé. Ce sont des moyennes, pas une grille ; un studio qui mobilise plusieurs personnes calcule autrement.

Le calcul reste utile. À 400 € la journée, trois jours font 1 200 €, quinze jours font 6 000 €. Demandez combien de jours sont prévus pour chaque étape : recherche, premières pistes, allers-retours, déclinaisons, charte. La répartition en dit plus long que le total. Un devis où la charte tient en une demi-journée ne livrera pas un mode d’emploi.

Les droits s’écrivent

Le créateur d’un logo en est l’auteur, et le fait d’avoir été payé pour le dessiner ne lui retire pas ses droits. Pour que l’entreprise puisse l’exploiter, il faut une cession, et le Code de la propriété intellectuelle est exigeant sur sa forme : l’article L131-3 veut que chaque droit cédé fasse l’objet d’une mention distincte, et que l’exploitation soit délimitée dans son étendue, sa destination, son lieu et sa durée. Une facture réglée n’en tient pas lieu.

Pour un logo, l’entreprise a intérêt à une cession large : reproduction et représentation, tous supports, monde entier, pour toute la durée des droits, avec la possibilité d’adapter le dessin. Si vous comptez le déposer comme marque, dites-le dès le départ. C’est un usage de plus, et il doit figurer dans l’acte.